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Pourquoi l’expression « l’argent n’a pas d’odeur » est-elle liée à l’urine ?

5/6/20262 min

Pour comprendre, il faut revenir au Ier siècle après J.-C. À Rome, l’urine n’est pas un déchet banal. Elle est précieuse, car elle contient de l’ammoniaque, une substance utilisée dans de nombreux métiers. Les foulons — des artisans du textile — s’en servent pour nettoyer et dégraisser les tissus. Les tanneurs, eux, l’utilisent pour traiter les peaux. Résultat : l’urine devient une véritable ressource économique.

Dans la ville, des jarres sont installées dans les rues pour recueillir l’urine des passants. Elle est ensuite collectée, stockée, puis revendue aux artisans. C’est une petite industrie, organisée… et lucrative.

Vers l’an 70, l'empereur romain Vespasien décide d’imposer une taxe sur ce commerce. Non pas sur l’acte d’uriner lui-même, mais sur la collecte et la vente de l’urine. Cette taxe, appelée plus tard vectigal urinae, permet à l’État de récupérer une part des profits générés par cette activité.

Mais cette décision ne plaît pas à tout le monde. Son fils, Titus, la trouve particulièrement répugnante. Taxer l’urine ? L’idée lui semble indigne.

C’est alors que Vespasien lui aurait tendu une pièce d’argent issue de cette taxe, en lui demandant si elle sentait mauvais. Titus répond que non. Et son père conclut par une phrase devenue célèbre : pecunia non olet — « l’argent n’a pas d’odeur ».

Autrement dit : peu importe l’origine de l’argent, une fois dans la caisse, il est identique à tous les autres. Sa provenance, même douteuse ou peu noble, ne change rien à sa valeur.

Cette anecdote, rapportée par l’historien Suétone, est à l’origine directe de l’expression que nous utilisons encore aujourd’hui.

Et l’histoire ne s’arrête pas là. En France, les urinoirs publics installés au XIXᵉ siècle ont longtemps été surnommés des “vespasiennes”, en hommage — ou en clin d’œil — à cet empereur qui avait su tirer profit… de ce que tout le monde produisait gratuitement.

En résumé, oui, il existe un lien très concret entre le pipi et cette expression. « L’argent n’a pas d’odeur » est née d’une réalité économique étonnante : même les déchets peuvent devenir une richesse… et même l’urine peut remplir les caisses d’un empire.


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    Pourquoi l'expression l'argent n'a pas d'odeur est liée à l'urine ? Alors pour tout comprendre ici, il faut revenir au premier siècle après Jésus-Christ. À cette époque, à Rome, l'urine n'est pas vraiment un déchet banal. Elle est précieuse en fait. Pourquoi ? Parce qu'elle contient de l'ammoniaque, une substance qui est utilisée alors dans de nombreux métiers. Par exemple, les artisans du textile s'en servent pour nettoyer et pour dégraisser les tissus. Quant aux tanneurs, ils l'utilisent pour traiter les peaux. Bref, le résultat, c'est que l'urine devient une véritable ressource économique. Alors dans la ville, des jarres sont installées dans les rues pour recueillir l'urine des passants. Elle est collectée, stockée, puis revendue aux artisans. Et cela devient une véritable industrie, petite, certes, mais organisée et lucrative. On y vient. Car vers l'an soixante dix, l'empereur romain Vespasien décide d'imposer une taxe sur ce commerce. Non pas sur l'acte d'uriner lui-même, hein, mais sur la collecte et la vente de l'urine. Une taxe qui permet à l'État de récupérer une part des profits générés par cette activité. Le problème, c'est que cette décision, eh bien, ne plaît pas à tout le monde. Son fils, Titus, la trouve particulièrement répugnante. Taxer l'urine, cela lui semble une idée indigne. Alors que s'est-il passé ? Eh bien, on dit que Vespasien lui aurait tendu une pièce d'argent issue de cette taxe en lui demandant si elle sentait mauvais. Et Titus répondit que non. Alors son père conclut par une phrase qui est devenue célèbre : Pecunia non olet, l'argent n'a pas d'odeur. Autrement dit, peu importe l'origine de l'argent, une fois dans la caisse, il est identique

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